Le business très juteux des sites de rencontres

Article ajouté: Apr 26, 2007
Champs sous: Les sites de rencontre
Bon nombre de relations amoureuses débutent désormais sur Internet. Pour le plus grand bonheur des sites de rencontres. Et pour leur plus grand profit.
Selon l'Insee, la France compterait actuellement plus de 15 millions de célibataires, soit deux fois plus qu'il y a vingt ans. Une statistique ? Non, un véritable eldorado ! En dévoilant ces chiffres, en septembre dernier, l'Institut national de la statistique et des études économiques a fait saliver quantité d'entrepreneurs, toujours en quête de nouveaux marchés à conquérir...
De fait, les rayons des supermarchés regorgent déjà de plats en portion individuelle pour gourmets solitaires, tandis que les agences de voyages multiplient les offres de vacances « en solo ». Et, bien sûr, Internet n'échappe pas au phénomène. Le Web est même l'un des premiers secteurs à avoir saisi les énormes potentialités de ce nouveau marché. En misant sur le produit le plus recherché par les célibataires : l'amour.
Résultat, depuis quelques années, les sites de rencontres pullulent sur la Toile. On connaît presque tous, parmi ses relations, un couple noué par modem interposé...

Sur quoi repose ce succès ? Tout d'abord, sur l'engouement des célibataires. Selon Pascal Ladrellier, sociologue à l'université de Dijon et auteur de Le Coeur net, célibat et amour sur le Web (aux éditions Belin), « en France, près de la moitié des célibataires se seraient déjà connectés à l'un de ces services ». Et comme, en règle générale, ils n'hésitent pas à multiplier leurs chances de conquêtes en allant chercher l'âme soeur sur plusieurs sites, les chiffres sont éloquents.
En France, pour les quatre géants du secteur, Meetic, Netclub, Parship et Match, le nombre d'utilisateurs inscrits s'établit respectivement à 7,4, 2,5 et 1,4 million(s). D'autres, comme Amoureux, SeRencontrer ou ABcoeur tournent autour du million. Un constat d'autant plus satisfaisant pour leurs éditeurs que, comme le confie Laurent Dehin, responsable du site RencontresAzur, « cette population dispose d'un pouvoir d'achat considérable ».
Une donnée fondamentale. Car si ces sites ont relégué les vieilles agences matrimoniales au rang d'antiquités, ils en conservent l'un des principes de fonctionnement : pour regarder, c'est gratuit, mais pour « toucher », il faut payer ! Tous, ou presque, utilisent la même méthode : appâter le célibataire en mal d'amour en le laissant accéder librement aux profils des autres utilisateurs. Et lui faire payer les autres services, comme la prise de contact, l'envoi ou la lecture de messages, le dialogue en direct, etc.
Sur la plupart des sites, l'inscription est effectivement gratuite et rapide, comme annoncé sur la page d'accueil. Mais l'internaute doit ensuite dégainer sa carte bancaire pour envoyer un e-mail ou entamer un chat avec une conquête potentielle. Les tarifs ? Sans être exorbitants, ils ne sont pas négligeables : entre 20 et 60 euros par mois.
Pour Meetic, par exemple, le forfait mensuel, qui permet de dialoguer de façon illimitée avec les autres membres (par e-mail ou par chat) s'élève à 20 euros. Chez NetClub, l'internaute doit choisir entre un forfait Silver (25 euros par mois) ou Gold (33 euros par mois), ce dernier ne lui donnant qu'un droit supplémentaire : l'accès au service de « chat » .
Certains sites démarrent avec des formules gratuites, le temps de se faire connaître et de développer leur base de membres, puis ils passent à des modèles payants. C'est le cas par exemple de PointsCommuns, basé sur des rencontres par affinités culturelles. Meetic a fait plus fort. Après avoir longtemps proposé gratuitement ses services aux femmes (un système largement appliqué dans les boîtes de nuit), pour augmenter sa base de contacts rapidement et attirer un maximum d'hommes en mal d'affection, il fait désormais payer tout le monde.
Comme si cela ne suffisait pas, les sites de rencontres n'hésitent pas à facturer, en plus du forfait, des options supplémentaires. Sur Meetic, par exemple, il est possible d'obtenir une publication plus rapide de sa photo moyennant l'envoi d'un SMS surtaxé (1,5 euro). Même chose chez Match ou Net-Club, ce dernier proposant également, en option payante, un service de messagerie vocale (0,34 euro/min) ou un chat par SMS (0,35 euro plus le prix du SMS).
Quant à Parship, il facture 59 euros l'envoi d'un rapport de personnalité, savant mélange de profil psychologique et de conseils sur la recherche de partenaires. Bref, tous les moyens sont bons pour soutirer quelques euros aux soupirants virtuels.
source:http://www.atoutcoeur.com/Articles/business-sites-de-rencontres.php