Les violences conjugales en chiffres
Article ajouté: Mar 09, 2007
Champs sous: Couple
Champs sous: Couple
L'enquête commandée à la suite des engagements pris en 1995, à Pékin, lors de la conférence mondiale des femmes, a été effectuée en 1999, de façon anonyme, par téléphone, sur un échantillon de 6 970 femmes âgées de 20 à 59 ans. Elle a été coordonnée par l'Institut de démographie de Paris I. La méthode choisie était claire : obtenir des chiffres plus fiables que ceux des seules violences déclarées, ces violences étant encore souvent "occultées voire déniées par les victimes elles-mêmes", précise Maryse Jaspard, responsable de l'enquête.1
La violence partout, mais d'abord à la maison
Dans sa vie de couple, une femme sur dix est victime de violences conjugales d'origines variées. Dans le lot, on retrouve les insultes (4,3 %), le chantage affectif (1,8 %), les pressions psychologiques (37 %), les violences physiques (2,5 %) et les agressions sexuelles (0,9 %). Si l'on extrapole les viols déclarés par les femmes interrogées aux quelque 16 millions de femmes métropolitaines de 20 à 59 ans, on en arrive à un chiffre alarmant : 48 000 femmes auraient été victimes de viol en 1999, pour le tiers d'entre elles dans une relation de couple, pensent les chercheurs chargés de l'enquête.
Par ailleurs, les femmes ayant quitté leur partenaire au moment de l'enquête ont déclaré trois à quatre fois plus de violence que les autres.
Mais la violence s'exprime partout et aussi dans l'espace public : les agressions verbales (pas forcément perpétrées par des hommes) arrivent en tête et sont subies par 13,2 % des femmes. Dans le cadre professionnel, dans l'ordre apparaissent les pressions psychologiques (16,7 % des femmes), les agressions verbales (8,5 %), les avances et agressions sexuelles (1,9 %) et les agressions physiques (0,6 %).
Elément commun à toutes ces violences subies : le silence lié à la honte et à la peur (de perdre un mari, d'être séparée de ses enfants, d'être licenciée, de n'être pas crue ou ridiculisée)…
Toutes les couches de la société concernées
Aucune classe sociale n'est épargnée : 10 % des cadres supérieures, 10,2 % des femmes au foyer, 9 % des employées et 8,7 % des ouvrières subissent des violences conjugales. Mais c'est chez les plus fragiles socialement que l'on observe les plus forts taux : 13,7 % chez les chômeuses, et 12,4 % chez les étudiantes et les femmes les plus jeunes sont deux fois plus touchées que leurs aînées.
En parlant, on se libère
Cette enquête s'est inscrit dans le cadre des Assises nationales contre les violences qui s'est tenue le mois dernier à Paris, destinées à "libérer encore davantage la parole" , précise Nicole Péry, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, qui rappelle que sa permanence téléphonique2, en place depuis 1992, a reçu "600 appels par semaine en 1999 et 1 200, l'an dernier".
Enfin, il faut souligner que l'enquête a été réalisée auprès de femmes jointes chez elle par téléphone. Les plus défavorisées (précarité financière, séjour en prison, foyer ou hôpital, manque de maîtrise de la langue…) n'ont pas pu être interrogées. On peut peut-être se demander si leur témoignage ne ferait pas dangereusement plonger les chiffres dans un gouffre encore plus alarmant.(source:www.doctissimo.fr)
La violence partout, mais d'abord à la maison
Dans sa vie de couple, une femme sur dix est victime de violences conjugales d'origines variées. Dans le lot, on retrouve les insultes (4,3 %), le chantage affectif (1,8 %), les pressions psychologiques (37 %), les violences physiques (2,5 %) et les agressions sexuelles (0,9 %). Si l'on extrapole les viols déclarés par les femmes interrogées aux quelque 16 millions de femmes métropolitaines de 20 à 59 ans, on en arrive à un chiffre alarmant : 48 000 femmes auraient été victimes de viol en 1999, pour le tiers d'entre elles dans une relation de couple, pensent les chercheurs chargés de l'enquête.
Par ailleurs, les femmes ayant quitté leur partenaire au moment de l'enquête ont déclaré trois à quatre fois plus de violence que les autres.
Mais la violence s'exprime partout et aussi dans l'espace public : les agressions verbales (pas forcément perpétrées par des hommes) arrivent en tête et sont subies par 13,2 % des femmes. Dans le cadre professionnel, dans l'ordre apparaissent les pressions psychologiques (16,7 % des femmes), les agressions verbales (8,5 %), les avances et agressions sexuelles (1,9 %) et les agressions physiques (0,6 %).
Elément commun à toutes ces violences subies : le silence lié à la honte et à la peur (de perdre un mari, d'être séparée de ses enfants, d'être licenciée, de n'être pas crue ou ridiculisée)…
Toutes les couches de la société concernées
Aucune classe sociale n'est épargnée : 10 % des cadres supérieures, 10,2 % des femmes au foyer, 9 % des employées et 8,7 % des ouvrières subissent des violences conjugales. Mais c'est chez les plus fragiles socialement que l'on observe les plus forts taux : 13,7 % chez les chômeuses, et 12,4 % chez les étudiantes et les femmes les plus jeunes sont deux fois plus touchées que leurs aînées.
En parlant, on se libère
Cette enquête s'est inscrit dans le cadre des Assises nationales contre les violences qui s'est tenue le mois dernier à Paris, destinées à "libérer encore davantage la parole" , précise Nicole Péry, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, qui rappelle que sa permanence téléphonique2, en place depuis 1992, a reçu "600 appels par semaine en 1999 et 1 200, l'an dernier".
Enfin, il faut souligner que l'enquête a été réalisée auprès de femmes jointes chez elle par téléphone. Les plus défavorisées (précarité financière, séjour en prison, foyer ou hôpital, manque de maîtrise de la langue…) n'ont pas pu être interrogées. On peut peut-être se demander si leur témoignage ne ferait pas dangereusement plonger les chiffres dans un gouffre encore plus alarmant.(source:www.doctissimo.fr)